Chirurgie réfractive cornéenne
Auteur : Pr Eric E. Gabison — ophtalmologie, cornée & surface oculaire. Cours actualisé 2026.
Le paysage réfractif cornéen
La chirurgie réfractive cornéenne modifie la puissance de l'œil en remodelant la courbure de la cornée. Les techniques partagent cet objectif optique et diffèrent par la voie d'accès au stroma et la quantité de tissu consommée.
Deux grandes familles se partagent le champ. La première retire du tissu par photoablation à l'excimer, en sculptant directement le stroma selon un profil calculé : c'est le principe de la photokératectomie de surface (PKR) et du LASIK, qui ne diffèrent alors que par la façon d'accéder au stroma. La seconde ne photoablate pas : elle découpe et extrait un lenticule de stroma intact à l'aide du seul laser femtoseconde, sans excimer — c'est la logique du SMILE et, plus récemment, du SILK.
À l'intérieur de la famille photoablative, la ligne de partage décisive oppose les techniques de surface (ablation après désépithélialisation) aux techniques lamellaires (ablation sous un capot stromal). Cette distinction gouverne la douleur, la vitesse de récupération, la sécheresse postopératoire et — point capital — la quantité de tissu porteur préservé, donc le risque d'ectasie. Tout ce cours est organisé autour de cet arbitrage entre confort immédiat et intégrité biomécanique.
Les trois familles atteignent le même profil optique par des voies différentes. La surface préserve le tissu porteur mais expose la surface (douleur, haze) ; le LASIK offre le confort mais consomme un capot ; l'extraction de lenticule évite le capot et sectionne moins de nerfs — un avantage théorique dont la supériorité clinique sur le LASIK n'est pas démontrée. Le bon geste n'est pas « la technique la plus récente », mais celle qui corrige sans fragiliser, choisie sur la cornée du patient.