Après une opération de l'œil : quand s'inquiéter
Après une chirurgie de la cataracte, une chirurgie réfractive ou une greffe de cornée, certaines sensations font partie des suites normales et d'autres non. Savoir les distinguer évite deux erreurs symétriques : s'inquiéter pour rien, et attendre trop longtemps.
Ce qui est habituel
- Une gêne, un larmoiement, une sensation de grain de sableFréquents les premiers jours, surtout après une chirurgie de surface. Ils diminuent progressivement.
- Une vision qui fluctueLa vision peut varier d'un jour à l'autre, et d'une heure à l'autre, pendant plusieurs semaines. Elle se stabilise ensuite.
- Des halos ou un éblouissement le soirHabituels dans les premières semaines après une chirurgie réfractive ou la pose d'un implant. Ils s'atténuent avec le temps.
- Un œil un peu rougeUne rougeur modérée qui décroît de jour en jour fait partie des suites normales.
Ce qui doit faire consulter sans attendre
Ces signes ne signifient pas toujours qu'il y a une complication. Ils signifient qu'il faut un examen, et non une attente.
- Une douleur qui revient après avoir cédéC'est le signe le plus fiable. Une douleur qui réapparaît alors que l'œil s'était calmé n'appartient pas aux suites normales.
- Une rougeur qui s'installe ou qui augmenteSurtout si elle s'accompagne d'une gêne à la lumière ou de sécrétions.
- Une vision qui rebaisse après s'être amélioréeUne baisse qui survient après une phase d'amélioration doit être vue rapidement, même si elle reste modérée.
- Sur un œil greffé, même des années aprèsRougeur, douleur ou baisse de vision sur un œil greffé jusque-là calme peuvent signer un rejet. Traité dans les jours qui suivent, il guérit le plus souvent ; traité tard, non.
- Des éclairs, une pluie de points noirs, un voile qui monteCes signes ne concernent pas la cornée mais la rétine. Ils imposent un examen le jour même.
Que faire
Adressez-vous d'abord à l'équipe qui vous a opéré : c'est elle qui connaît votre dossier, la technique employée et le déroulement de l'intervention. Un compte rendu opératoire et une ordonnance vous ont été remis ; ils portent les coordonnées à utiliser.
Devant une douleur intense, une baisse brutale de la vision ou un traumatisme, ne cherchez pas à obtenir un rendez-vous : présentez-vous directement aux urgences ophtalmologiques de l'hôpital Fondation Adolphe de Rothschild, ouvertes en permanence.
Ne modifiez pas vos collyres de vous-même — ni les doses, ni la durée. Les anti-inflammatoires en particulier soulagent la douleur tout en pouvant retarder la cicatrisation : leur arrêt comme leur prolongation se décident en consultation.
Cette page a une visée d'information générale et ne remplace pas une consultation médicale. Pr Eric E. Gabison — Fondation Adolphe de Rothschild, Paris.