Chirurgie réfractive
Suis-je opérable de la myopie ?
Votre question
Comment savoir si je peux être opéré, et qu'est-ce qui peut m'en empêcher ?
Notre réponse
Personne ne peut le dire sans examen. L'éligibilité se décide au bilan préopératoire, qui mesure la correction et sa stabilité, l'épaisseur et la forme de la cornée, et l'état de la surface oculaire. Ce bilan sert autant à choisir la technique qu'à récuser les yeux qui ne doivent pas être opérés — un kératocône débutant au premier chef.
Ce que le bilan mesure
La consultation préopératoire n'est pas une formalité administrative : c'est elle qui décide. Elle comporte plusieurs examens, dont certains demandent d'avoir retiré ses lentilles plusieurs jours auparavant.
- La correction, et sa stabilité. Une myopie qui progresse encore n'est pas prête : on opère un défaut stable, vérifié sur des ordonnances antérieures.
- L'épaisseur de la cornée — la pachymétrie. Elle conditionne la quantité de tissu qu'on peut retirer sans fragiliser l'œil, donc la technique possible.
- La forme de la cornée — la topographie. C'est l'examen clé : il dépiste les irrégularités qui font suspecter un kératocône, même débutant et sans aucun symptôme.
- La surface oculaire : une sécheresse importante préexistante se démasque et s'aggrave après un laser, et se traite avant.
- Le fond d'œil et la rétine, particulièrement chez le fort myope.
Le kératocône, la contre-indication qui ne se voit pas
C'est la raison d'être de la topographie. Le kératocône est un amincissement et une déformation progressive de la cornée. À son début, il peut n'entraîner qu'un astigmatisme qui se corrige bien en lunettes — rien qui alerte le patient.
Or un LASIK pratiqué sur une telle cornée peut précipiter son évolution. Le dépistage d'une forme infraclinique est donc une contre-indication majeure, et c'est précisément ce qu'un bilan sérieux cherche à écarter. Dans certains cas limites, un laser de surface reste envisageable là où le LASIK ne l'est pas ; dans d'autres, aucune chirurgie réfractive n'est indiquée, et c'est la bonne réponse.
Les situations qui font différer l'opération
- Un âge trop jeune ou une correction qui bouge encore d'une année sur l'autre.
- La grossesse et l'allaitement, pendant lesquels la réfraction peut varier.
- Une sécheresse oculaire non traitée, ou une inflammation de la surface en cours.
- Une infection oculaire évolutive, ou des antécédents d'herpès cornéen.
- Une cornée trop fine pour la correction envisagée : c'est alors la technique qui change, pas nécessairement le projet.
Et lorsque le cristallin commence à perdre sa transparence, ou que la presbytie est installée, la question n'est plus la cornée : c'est une chirurgie du cristallin avec mise en place d'implant qui répond mieux au problème.
Ce que le bilan ne peut pas promettre
Aucune chirurgie réfractive ne garantit de se passer définitivement de toute correction en toute circonstance. L'objectif est l'indépendance aux lunettes pour la vie courante ; la presbytie, elle, continue d'évoluer avec l'âge et peut ramener un besoin de correction de près. Ce point fait partie de la discussion préopératoire, pas des suites.
Pour aller plus loin
Sources
- SFO — Fiche d'information n° 9A, chirurgie réfractive cornéenne au laser (janvier 2026)
- Assurance maladie — Myopie : traitement et suivi
Mis à jour le 26 août 2026