Pr Eric E. GabisonOphtalmologie · Cornée & réfractive · Paris
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AccueilEspace proDystrophies cornéennes › Dystrophie de Cogan
Sommaire du cours ▾
  1. Introduction & atlas
  2. Dystrophies antérieures
  3. Dystrophie épithéliale juvénile de Meesmann
  4. Dystrophie épithéliale de Lisch
  5. Dystrophie gélatineuse
  6. Dystrophie de Cogan
  7. Dystrophie de Reis-Bücklers
  8. Dystrophie de Thiel-Behnke
  9. Dystrophies stromales
  10. Dystrophie Grillagée
  11. Dystrophie granulaire
  12. Dystrophie maculaire ou Groenouw type II
  13. Dystrophie cristalline de Schnyder
  14. Dystrophie mouchetée de François ou bien « Fleck corneal dystrophie »
  15. Dystrophie cornéenne postérieure amorphe
  16. Dystrophies endothéliales
  17. Dystrophie cornéenne postérieure polymorphe
  18. CHED
  19. Dystrophie de Fuchs
  20. Synthèse
  21. Tableaux & références
Dystrophies antérieures · Dystrophies épithéliale et sous épithéliale (membrane basale)

Dystrophie de Cogan

Repères : AD/AR transmission · récidive sur greffe +++ élevée ++ intermédiaire + faible · gras = mots clés · encarts Diagnostic différentiel (bleu) et Traitement (ambre).

La cause la plus fréquente de dystrophie antérieure.

Aussi connue sous le nom de map-dot-fingerprint dystrophy

Génétique
Le plus souvent sporadique. AD dans les formes héréditaires.
Mutation
retrouvées sur le gène du collagène XVII, collagène membranaire participant au système d’adhésion à la membrane basale. Les cas liés à une mutation sur TGFBI sont probablement en réalité des dystrophies stromales.

L’identification du/des gène(s) impliqué(s) dans la dystrophie de Cogan est laborieuse car la majorité des dystrophies de Cogan n’en sont pas : la majorité des lésions de type map-dot-fingerprint est secondaire à des inflammations chroniques de la surface oculaire (ex : rosacée). De plus, la majorité des dystrophies stromales liées à TGFBI pouvant se compliquer de symptômes de Kératalgie récidivante, l’analyse sémiologique clinique est importante pour éviter toute confusion.

Sexe
prédominance féminine (formes symptomatiques sur sécheresse oculaire ?)
Latéralité
Bilatérale
Symétrie
Oui
Facteurs systémiques
Non
Age d’apparition
Souvent à l’adolescence
Localisation
Cellules épithéliales et membrane basale
Aspect
Se caractérise par des duplicités de la membrane basale à l’origine des anomalies.
  • Map: Large dédoublement intra-épithélial de la membrane basale. L’aspect à la fluorescéine est caractéristique : Des régions où l’épithélium est épais (anormal) sont couvertes d’une fine plus couche de fluorescéine voir « fluo négative » alors que les régions normales sont couvertes d’une couche épaisse de fluorescéine et donc sont plus clair et fluoréscéine positif (pool in).
  • Dot: Kystes intra-épithéliaux contenant des débris cellulaires et des noyaux pycnotiques de couleur blanc nacrée regroupés souvent en grappe au centre de la cornée. Les cellules épithéliales au cours de leur maturation des assises basales vers la surface se trouvent piégées et meurent sous les duplicités de la membrane basale.
  • A différencier des kystes des dystrophies de Lisch ou de Meesmann qui ont un aspect d’opacités diffuses (Meesmann) ou en plume d’origine limbique (Lisch) caractéristiques en illumination directe.
  • Une kératite amibienne débutante présente des kystes épithéliaux parfois très nombreux
  • Fingerprints: Des zones linéaire de dédoublement de la membrane basale, avec des projections (plis) dans la couche épithéliale.

Douleur ou érosion récurrente:

Due à une altération du mécanisme normal d’attache des cellules épithéliales à la couche de Bowman induite par la membrane basale aberrante.

  • L’examen de l’œil controlatéral est essentiel dans le cas de kératalgies récidivantes. Si les formes « acquises » sont le plus souvent unilatérales (traumatisme végétal, coup d’ongle…), les formes secondaires à des inflammations de surface oculaire (rosacée, kératoconjonctivite atopique) peuvent être bilatérales sans qu’une anomalie génétique n’en soit la cause.
  • Les douleurs apparaissent surtout dans la deuxième partie de la nuit (sommeil paradoxal ou REM sleep) et au réveil (ouverture des paupières).

Acuité visuelle: souvent conservée sauf si des lésions sont présentes devant la pupille.

Examens complémentaires:

  • Microscopie confocale: des kystes au niveau de la couche basale de l’épithélium, des plis hyper réflectifs au niveau de la membrane basale et des nerfs cornéen anormaux.
  • OCT: l’épaisseur épithéliale est irrégulière, l’épithélium est globalement hyper réflectif, surtout en superficie, avec de fines ponctuations hyper réflectives. plis hyper-réflectifs au sein de la couche de Bowman avec un aspect dédoublé par endroits.
Traitement
  • Médical par lubrifications (matin et nuit), cycloplégiques et agents osmotiques et doxycicline par son effet anti inflammatoire (anti métalloprotéinase)
  • Lentilles de contact.
  • Débridement mécanique de l’épithélium malade (préconiser un débridement large au-delà des zones décollées) pour éliminer les zones de membrane basale anormale.
  • Tétracycline per os (Doxycycline 50 à 100 mg par cures de 6 semaines à renouveler si besoin).

Les Tétracyclines sont des inhibiteurs de Métalloprotéinases. Elles diminuent les symptômes liés à l’induction de ces enzymes ( Kératalgie, Vision fluctuante).

  • Micro ponctions de stroma antérieure si la lésion est périphérique. Cette technique est efficace dans 80% des cas mais parfois la lésion peut s’étendre aux zones adjacentes. Une aiguille de 25 gauges recourbée est utilisée pour éviter les lésions profondes.
  • Kératectomie thérapeutique au laser Excimer agit en augmentant la densité des hémidesmosomes au niveau de la membrane basale par augmentation de la fibrose stromale antérieure.